Ça déménage

Titre : Cécile Chartre
 
Papa parlait doucement, mais j’ai tout entendu. Et mes projets nocturnes se sont arrêtés là. Tout s’est arrêté là. Les superman, les Tarzan, les bananes, pfiout ! Envolée en quelques mots, ma vie à moi.

 

Sauf erreur de ma part et grâce à une fille géniale qui m’a sauvée les mots et la vie, s’est installé ailleurs. J’enlève désormais le lien pour suivre, mais n’hésitez pas à m’écrire un message sous ce post :)
Et je vais vous dire.. ça me fait un bien que je n’aurais pas envisagé comme ça.
Je suis chez moi.
Chez moi..


Lâcher prise

Titre : Rosette Poletti, Barbara Dobbs

Lâcher prise, ce n’est pas se montrer indifférent mais simplement admettre que l’on ne peut agir à la place de quelqu’un d’autre.
Lâcher prise, ce n’est pas couper les liens mais prendre conscience que l’on ne peut contrôler autrui.

 

Nous faisons une expérience. Quelque chose que je n’aurais pas pensé faire un jour, et je sais que je vais en horrifier quelques uns.
C’est venu d’une conversation avec Blanche, nous parlions de nos lutins et du lâcher-prise, de la crainte que lorsqu’ils seront adultes, ils se jettent sur la tv. Et je lui ai raconté comment Prince c’était auto-régulé, concernant le pc de jeu (sous linux, avec la suite « g-compris »). La consigne de départ fut, tu choisis entre le pc de jeux ou un dessin animé. Sachant que pour ce dernier, il n’avait droit qu’à un seul (soit environ 1h30 par jour) mais que je l’ai laissé libre très rapidement de gérer son temps de jeu, partant du principe pas forcément malin que c’était éducatif (on se console comme on peut).
Au début, il y a donc passé des heures et des heures. Au fur et à mesure, il a réduit ce temps là pour finalement l’arrêter plus ou moins complètement.

Blanche m’a décidée.
Vendredi soir, j’ai expliqué à Prince que nous voulions faire la même chose avec le dessin animé. Le laisser gérer son temps d’écran. Sous réserve le matin de me laisser d’abord prendre mon petit déjeuner avant (concrètement pour éviter qu’il se réveille à 5h du mat par pure excitation de la chose) et que cela n’empiète pas sur son bain ou nos sorties. Ses yeux se sont illuminés.

Samedi matin, précipitation. A peine déjeuné, il m’a sauté dessus et il a regardé 3 dessins animés de 1h chacun. Au 4èm, il a stoppé au bout de 10 minutes et m’a demandé d’éteindre le pc. Et il a joué avec son frère, nous sommes sortis sous la neige et quand nous sommes rentrés, nous avons installé la boule pour les oiseaux dans le petit arbre de notre jardinet. Il y est resté jusqu’à ce que la nuit tombe, pastouillant dans le bac à sable sous la neige qui virevoltait. Il a voulu un bain et s’est réchauffé dans l’eau bien chaude, heureux. A aucun moment n’est revenu le sujet du dessin animé.

Ce matin, il a mis 2h avant de nous en parler. Deux heures. Avec dans la voix un petit peu inquiète style c’est sûr je peux ?
Après 45 minutes, il est venu me voir.
_ Maman, après mon dessin animé, je pourrais faire quoi comme activité ?

Nous testons, avec de la crainte un peu pour moi je l’avoue. Mais je le regarde et je suis fière, si fière de ce petit bonhomme d’à peine 5 ans.
 
comète de neige

Comètes de neige, de nuit, sur l’autoroute


Mémoire vive

Titre : Vanessa Caffin
 
Son père parlait de bénédiction familiale : être le papa d’une petite fille incapable de pleurer rendait les journées tellement plus paisibles! Sara voyait les choses autrement. elle pensait qu’il fallait avoir été sacrément malheureux pendant bien des générations pour mettre à sec le corps de toute une descendance.

 

Fragile Meadow by The Black Atlantic on Grooveshark

 
Douleurs aidant, je ne sais plus tenir ou ouvrir un objet, mes émotions s’emmêlent et le reste s’efface. Je ne retiens plus les mots qu’on me dit, j’oublie au fur et à mesure.
Comme hier soir, où je demande de l’aide pour ma BDD, où une solution m’a été donnée, que j’ai oubliée d’appliquer. On ne peut pourtant pas dire que j’ai été noyée sous la masse d’information, il n’y en avait qu’une, et je l’ai oubliée. Tout en gardant le nez dans ma BDD et en râlant que ça ne fonctionnait pas.
Pas une seule fois en deux mois, je n’ai retenu le code de la CB.
Je laisse la machine de linge mouillé croupir, je relance parce que ça sent pas bon, je l’oublie de nouveau.
L’eau pour mon thé bout, et je ne pense pas à faire mon thé, je ne sais plus ce que j’attendais.
Ce matin mon mari me demande les horaires de la CAF, je vais à mon pc, je regarde mes mails.. j’ai oublié, déjà.

Rien ne reste, sauf la douleur et l’épuisement.
Ils disaient qu’elle détruisait les neurones, je me demande s’il m’en restera suffisamment pour mener à bien tous mes projets.

Le blog va déménager.
Free est une menace permanente de voir disparaitre définitivement mon journal, mes mots, ceux qui me sauvent de l’oubli. C’est une question de temps avant qu’un dernier point obscur ne leur plaise pas et qu’ils suppriment ma BDD.

Je sauve ma mémoire, enfin prête que je suis à payer pour ça.
Je sais que là, ce n’était pas le moment, ma tête n’est pas là, je ne peux pas me concentrer correctement, je peine. Mais je me sens poussée et je fais confiance à mon instinct qui toujours a été juste.
Je le fais, avant un crash inhumain.
Le leur ou peut-être le mien.


Si par une nuit d’hiver un voyageur

Titre : Italo Calvino
 
Renoncer aux choses est moins difficile qu’on ne croit: le tout est de commencer. Une fois qu’on est arrivé à faire abstraction de quelque chose qu’on croyait essentiel, on s’aperçoit qu’on peut se passer aussi d’autre chose, et puis encore de beaucoup d’autres.

 

Falling, Catching by Agnes Obel on Grooveshark

 
En lisant un blog que je suis mais qui m’agace souvent dans les petites leçons instillées, j’ai saisi quelque chose sur Prince. Qui a en ce moment, besoin, je crois, de cododo. Puisqu’il est bon de mettre un mot sur les choses, ne pas perdre le fil invisible de ce que nous vivons là en nous. Devant Hibou assis dans sa chaise haute, j’ai mis rapidement LeChat dans la confidence de ma découverte, que le soir il avait sans doute besoin de s’endormir avec nous encore dans la chambre à faire un câlin, en ce moment. Une sécurité qu’il recherche.

Ne jamais, jamais sous-estimer les oreilles qui trainent, particulièrement quand elles sont petites et sans le langage. Surtout quand les dites oreilles se sont réconciliées avec la maman et qu’il y a du rattrapage dans l’air.
Hibou que j’ai couché pour sa sieste, et qui s’est fait réveiller par un grand frère tête en l’air. Et qui n’a plus été reposable, malgré un ré-endormissement profond. Nous avons fait ce cododo, l’un contre l’autre, lui dans mes bras et moi confortablement assise dans mon fauteuil noir. Et dans cette douceur, cette confiance totale, l’énergie de l’un à l’autre est allée, et nous nous sommes renforcés. Un espace de temps où le monde s’arrête.
Ma douleur, ma solitude, mes larmes.. cela s’est apaisé, un peu. Juste ce dont j’avais besoin pour pouvoir repartir avec une plus grande sérénité. Toute cette colère qui part en larmes, suspendues le temps de respirer le souffle froid de l’hiver qui n’en finit pas.

J’ai dans mes mains, une énergie, une chaleur profonde. Un grand calme en moi.
Un bébé serein.
Un mari épuisé et à cran.
Un grand garçon triste.
Un chat à qui parler.
Des blogs à changer de lieu.
Reprendre le dessin.
Des mots à poser les uns près des autres.

Beaucoup de travail.
L’un après l’autre, le long de l’hiver, entre deux souffles.
Et écouter dans l’apaisement mon homonyme.
Est-ce que dans nos prénoms, nous portons les gens en nous ?


La vallée de l’éternel retour

Titre : Ursula Le Guin
 
Ce que l’on voit d’un seul oeil manque de perspective.
Le chagrin dans la vie de mes parents, c’est qu’ils ne voyaient que d’un œil.

 
Depuis quelques semaines, Hibou prenait ses distances avec moi. Plein d’attention et très câlin quand nous étions lui et moi, il me repoussait de ses petits bras potelés, tête détournée, dès que son papa rentrait du travail. La réaction étant la même, lorsqu’il se faisait mal, ou en pleine nuit sur ses douleurs dentaires.
Cela commencé à devenir très difficile pour moi à vivre.
J’en ai pleuré. Quand il l’a vu, il est venu me faire un câlin, et la situation s’est stabilisée 4 ou 5 jours.
Et cela a recommencé. Petite tête détournée et bras potelés tendus. Une petite arbalète pleurant pour avoir son papa, rien que son papa.
Et ma souffrance, de voir mon petit me refuser.

Deux jours durant, j’ai eu en tête la phrase de ma mère, cette malédiction qu’elle m’avait lancée un jour que nous faisions des courses. Je me souviens encore du vent dans mes cheveux et du monde qui se fige sur ses mots méchants. J’espère que tes enfants te feront souffrir.
Et Blanche, a qui je rappelais ses mots me demande si j’ai parlé de ma mère, à Hibou.

..
Et non.
J’en ai parlé avec Prince, cela fait longtemps. Prince qui il y a deux jours, a fait un dessin d’un caillou triste qui avait peur.. de sa grand-mère. Si ces deux enfants ne sont pas connectés, je ne sais pas ce qu’ils sont.

Alors j’ai pris mon tout petit dans les bras et je lui ai parlé. De sa grand-mère, de ma mère, de sa folie, des dégâts, de notre protection, d’un lien qui n’est pas à réparer, d’un lien qui doit rester cassé. Pendant mes mots, à deux reprises, Hibou m’a entourée de ses bras et m’a fait un câlin, posant sa tête contre moi.
C’est au milieu de mes mots que LeChat a réalisé que la peur des enfants de perdre leur papa quand il part au travail, venait certainement du fait que mon père à moi était parti. Alors j’ai dit les mots à Hibou puis à Prince.

Le fil qui nous relie tous s’est détendu. Ça ne veut pas dire que tout est résolu, mais nous avons avancés.
Je ne me ferai pas je crois, à ce que nous transmettons et ce que nous omettons, aux dégâts que l’on fait sans le vouloir, et à ses réparations par de simples mots posés..


Sur le bord de la rivière Piedra, je me suis assise et j’ai ……. pleuré

Titre : Paulo Coelho
 
Les rêves donnent du travail.

 
Et puis.
Le soir même de mon rêve.
J’ai crié. Sans savoir, sans connaître, sans comprendre, j’ai crié et la colère que je ressentais n’était pas la mienne. Je m’observais crier et quelque part en moi je me suis demandée pourquoi j’étais dans cet état.. Il n’y avait pas de raison. Je me suis énervée à partir de la moitié d’une broutille et je ne suis plus arrivée à me calmer.
Quand j’ai eu fini de crier, j’ai pleuré.

J‘ai pleuré pendant des heures. Quand minuit est arrivé, quelque chose de cassé en moi s’est signalé, dormir serait peut-être une bonne idée si je voulais remonter. C’était une bêtise, je l’ai senti tout de suite que ce n’était pas à faire, que je n’avais pas tout versé. Mais je sentais aussi que je pouvais pleurer encore jusqu’au matin, cela ne changerait pas mon besoin de pleurer. C’était étrange, cette émotion qui me disait, pleure si tu veux mais tu en as pour plusieurs années, tu en as pour tant de temps que tu n’en verras pas la fin.
Au matin, ma voix s’était envolée. Et quand elle est revenue, j’ai été profondément triste, j’aimais mon silence, j’aimais récupérer Hibou dans les fils de la box sans dire un mot, sans m’énerver, sans ras-le bol. Sans rien. Hibou qui enchaine 50 fois d’affilée la même bêtise, qui arrache le fil mural du téléphone, qui monte sur les cartons bloquant l’accès au pc de LeChat, qui mange le carton plat supposé protéger les fils de la box (qu’il arrache quand même je ne sais toujours pas comment c’est possible), qui pousse le banc que lequel il grimpe pour escalader ensuite la poubelle et enfin accéder à la poubelle papier et aux compotes dans l’étagère qu’il jette dans la cuisine, qui disperse ses vêtements dans la chambre après avoir réussi à ouvrir des tiroirs bloqués. Le tout en boucle. De son réveil le matin à son coucher du soir. Depuis trois semaines.
Je n’en peux plus.
J’ai quand même réussi à comprendre que mon manque de patience avec Prince venait d’un trop plein de patience avec Hibou. Grande discussion avec Prince, très triste quand j’ai pu placer les mots, que j’ai du rassurer.

Mes émotions sont passées dans mes mains, elles plantent des clous sur leur dos et entre les doigts. Je n’accroche plus à rien, tout lâche.
Mes émotions sont passées dans l’épuisement de mon corps, je suis vide. Je voudrais rester allongée, quand mon petit m’oblige à me lever toutes les minutes pour une énième bêtise au point que parfois je n’ose même pas me rassoir. Parce que le geste de se lever devient trop épuisant, rester debout est parfois une solution intéressante.
Mes émotions sont passées et je ne sais plus qui est à l’intérieur de moi.

Dans une autre vie, j’aurais Mary Poppins séquestrée à la maison et l’argent pour la payer.


Le Convoi de l’eau

Titre : Akira Yoshimura
 
Un abîme s’ouvrit au fond de moi. Tandis que dans cet espace vacant, quelque chose d’énigmatique et lourd s’engouffrait brusquement avec la violence d’un torrent en crue.

 

Je suis sur cet aspect ombrageux et discret, cette fatigue de plomb qui ne se voit pas et qui fait dire à tant de gens « mais bouge-toi un peu ». Mon enfance ressemble à « mais enfin à ton âge on n’est pas fatiguée ».
Je ne sais pas à quel âge on peut être fatiguée.
Je ne sais pas à quel moment on a le droit d’être fatiguée.
Mais je suis épuisée. Au point que parfois, je peine à ouvrir les yeux et me lever, pour retirer Hibou d’une énième bêtise.
 
*
 
Cette nuit j’ai rêvé d’un appartement que je ne connais pas, dans lequel on vient d’emménager la veille. D’une inondation, d’une tempête dehors, d’un orage (je vois la foudre tomber très loin sur la ville), de l’eau qui s’infiltre par le toit en goutte à goutte.
J’ai rêvé. LeChat ne voulait pas s’en occuper, il faisait encore nuit, on avait reçu du monde toute la nuit (c’est une autre partie du rêve, dont je ne me souviens pas vraiment), il voulait aller dormir. Mais l’eau s’infiltre de plus en plus, il y a des dégâts dans une pièce. Je sors sur notre pallier (l’entrée de notre appartement) et à la place du plafond il y a de l’eau, de l’eau au-dessus de moi qui stagne, un épais plafond d’eau qui ne tombe pas et cela me parait étrange, cela me fait peur, j’ai peur que tout s’effondre. Je croise notre voisine, qui me dit que y’a des problèmes depuis les précédents locataires, qu’on doit absolument faire quelque chose parce qu’elle n’a plus internet et qu’elle en a marre, qu’ils ont du casser l’antenne (je pense moi qu’ils l’ont volée mais je ne le dis pas). Je sens que mon problème d’eau ne la concerne pas, et elle repart, me laisse avec l’eau au plafond et l’eau qui coule partout ailleurs. Je rentre, LeChat s’énerve un peu, rien n’est grave pour lui. Je lui montre, au bord des larmes, le mur qui dégouline, la tapisserie fripée et gorgée d’eau, l’eau qui coule comme une rivière sur le mur, il veut s’en occuper demain, demain, demain. Je panique, je veux appeler les pompiers, il refuse, je me mets à crier que je vais les appeler et je le fais. Au téléphone j’entends des gens qui appellent et qui racontent des histoires abracadabrantes d’extra-terrestres. Une dame prend mon appel et je lui explique que j’ai besoin d’aide, tout de suite, maintenant, besoin, que l’eau coule, partout, que l’eau au plafond qui tient elle va tomber à un moment, et que j’ai peur qu’elle tombe, cette eau qui tient je ne sais pas comment à mon plafond. Et en le disant, je sens que c’est tellement bizarre que je ne peux pas être crue, je ne peux pas être entendue. Je ne suis pas entendue. Elle me dit qu’elle va me rappeler cette après-midi et je sursaute, j’ai besoin maintenant et j’ai besoin que quelqu’un vienne là, pas qu’on me rappelle. Elle me répète qu’elle va appeler dans l’après-midi vers 10-11h, et je lui dis que ça, c’est le matin. Elle me dit que j’ai raison. Et elle raccroche.
Et je suis seule.
Et j’ai peur que tout cède.

 
ombre d'arbre à travers des gouttes d'eau
neige à travers la vitre


Partir avant le jour

Titre : Julien Green

On peut dire la couleur des yeux gris nuancés de bleu pâle. Cependant on ne rend pas avec des mots la tendresse d’un regard. Or, j’avais faim de cette tendresse. Il me semble que ce que nous faisons de plus sérieux sur cette terre, c’est d’aimer, le reste ne compte guère.

avecbandeau1
Il y a ce froid et puis ce chaud, la photo refaite où l’on ne voit finalement rien, le manque de lumière et la neige qui ne tombe plus, le désir de le serrer fort si fort de le voir rire chercher mon regard et le serrer fort si fort que je pourrais là en pleurer, cette lassitude de tout sauf que l’on prenne soin de moi, ne rien vouloir vraiment rien sauf ce silence qui jamais jamais ne vient, ses livres qui manquent, et le thé qui ne se partage pas, et la douceur et la douceur et l’envie là de prendre mon appareil le train l’avion lui et là m’envoler et là découvrir et m’éloigner et sans fin me demander vraiment comment on a fait pour que tout soit si insupportable après avoir cru souffler avoir cru avoir et. le plaisir de nos baisers

deux


Il ne vous reste qu’une photo à prendre

Titre : Laurent Graff
 
Derrière chaque photo, par-delà le plaisir et la joie, il y a la peur, peur du temps qui passe, de sa fugacité, peur de voir puis ne plus voir,vivre puis ne plus vivre, avoir vécu et n’en avoir nulle trace démonstrative, nul souvenir tangible; derrière chaque photo, il y a la peur de mourir, et la preuve de notre mort.

 

Tagono-Ura by Moriarty on Grooveshark

 

Il a neigé, un peu, petit peu. La promesse de douceur n’a pas tenue.
J’ai une tristesse en moi, profonde. J’aurais besoin d’un thé à deux, d’une théière à apporter sur la table basse que je n’ai pas encore, de chaleur, de mots apaisants échangés.
Pas de nouvelle de papillon, pas de réponse, et ce téléphone que je n’ose pas prendre.

Et.
Les photos que je ne fais plus, l’appareil que je voudrais, les voyages dont je rêve, les vêtements en pensées, la décoration plein les yeux mais sans les mains, mon petit qui se détourne, les douleurs qui explosent, le courrier en attente, la légèreté qui n’est pas, le manque, la pagaille poussiéreuse, la magie inquiète, tout qui s’envole.

J’avais fait une photo de moi, appareil retourné, le bandeau dentelé, les cheveux rouges.
Hibou s’est détourné. Il ne veut que son papa.
Prince m’y a trouvé belle. Il me trouve toujours belle.
LeChat m’y a trouvé triste.
J’ai supprimé.

Il neige.

J’ai besoin. De trouver.


Le cadeau

Titre : Magali Bonniol
 
Tout à coup, on frappe à la porte.
Biquette va ouvrir, et se trouve nez à nez… avec le loup !
« Joyeux anniversaire, Biquette ! Je t’ai apporté un cadeau. »
« Où ça ?  » demande Biquette, qui se méfie.
« Devant toi », dit le loup. « C’est moi le cadeau. »
Biquette regarde bien le loup : c’est vrai qu’il a un ruban autour du cou.
Alors Biquette le fait entrer.
« Qu’est-ce qu’on fait avec un loup ? »
demande Yvon cochon.
« Attends, je réfléchis », dit Biquette.
« C’est la première fois que je reçois un loup comme cadeau. »
« Tu n’as qu’à m’essayer ! » propose le loup.

 

Sur Fb circule une invitation à s’envoyer des cadeaux, en se laissant une année pleine et entière pour le faire. Peu de monde ayant joué le jeu, je relance en ces lieux cette joyeuserie si douce. En voici les termes, réarrangés pour convenir au blog :

L’idée me vient de Blanche (qui l’a elle-même prise ailleurs) :

Les cinq premières personnes à commenter ce post recevront de ma part, au cours de l’année 2013, un cadeau, c’est une surprise ! J’essayerai que ce soit intéressant :)
Il n’y aura pas d’avertissement et ça arrivera quand l’envie me prendra. En échange? Ces cinq personnes devront faire la même offre sur leur blog.

Il reste pour 3 personnes, et cela me ferait plaisir d’aller au bout de ce jeu. Pensez par contre que si vous répondez, vous participez également pour votre propre blog ;)

Enjoy :D